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Chants
du Moyen Atlas
Ces
voix âpres, puissantes, faites pour traverser les montagnes, ces luths-tambours
aux sonorités de basse, ces violons au swing tournoyant, sont le mode
d'expression quotidien des Berbères imazighen (« gens libres »)
du Moyen Atlas au Maroc. Chants d'amour izlan des chikhate, femmes divorcées,
répudiées ou veuves, libres donc, qui jouent du tambourin bendir, accompagnées
aux instruments à cordes par des hommes, les chioukh, les « maîtres ».
Majestueuses danses collectives ahidous qui célèbrent les mariages, en
rondes, hommes et femmes mêlés, ou en rangées unisexes se faisant face.
Et aussi, pour réagir aux fortes émotions, les vocalises improvisées tamawayt,
tandis que les joutes poétiques tamedyazt permettent de commenter l'actualité.
En soliste de poids, dans cet album qui a le mérite d'illustrer tous ces
genres - doctement commentés dans le livret par Hassan Jouad -, le quinquagénaire
vocaliste et joueur de luth ahjouj Mohamed Rouicha de Khenifra. Dès les
années 80, il a rénové la chanson berbère marocaine en l'ouvrant à des
thèmes sociopolitiques.
Eliane
Azoulay
Télérama
n° 2791 - 11 juillet 2003
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